Le veuvage, une prison pour les femmes africaines

J’ai appris,  hier matin, que la voisine du quartier avait perdu son mari. Comme le voudrait les civilités africaines qui stipulent que l’on se doit  d’assister son prochain dans les moments de bonheur  mais également dans les moments de malheurs, je suis allée lui témoigner ma compassion, lui dire ‘’Yako’’[1]. L’atmosphère était lourde dans la cour de madame Kouassi. Abordant la quarantaine, cette pauvre dame venait ainsi de perdre son époux. En pareille situation,  la cour était bondée de monde. Les cris et les pleurs qui déchiraient quelquefois le silence pesant, laissaient entrevoir la douleur qui prévaut en ces moments de perte d’un être cher. Je trouvai Madame Kouassi assise dans un coin de la cour sur une natte à même le sol. La tête recouverte d’un voile. Elle était encadrée par des vieilles femmes de la communauté. Bien qu’affectée par la mort de son mari, il lui faudra bien […]