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MTV Shuga Babi : un « remède » pour stopper la propagation du Sida chez les jeunes

On peut le dire, l’information sur le VIH/Sida reste « têtue ». En dépit du tapage médiatique fait sur cette pandémie, seulement un jeune sur trois reste au fait des informations sur cette maladie…

Pour combler le déficit d’information sur le VIH Sida chez les jeunes, la fondation MTV Staying Alive lance en Côte d’Ivoire la diffusion de sa première saison de série MTV Shuga Babi sur les antennes de la première chaîne ivoirienne.

Mariam Sorelle

L’avant-première de la série a été dévoilée au grand public, le jeudi 28 novembre 2019, à l’Institut Français de Côte d’Ivoire. Ce fut le lieu, pour la Fondation MTV staying alive et ses partenaires de rappeler leur engagement acharné dans la lutte contre le VIH-SIDA.

Mariam Sorelle

« Notre rôle est de raconter des histoires basées sur la réalité et les expériences des jeunes. Une évaluation de la Banque Mondiale réalisée sur MTV Shuga au Nigéria a démontré que les personnes qui regardent Mtv Shuga ont deux fois plus de chance de se faire dépister pour le VIH. Nous espérons avoir un impact similaire en Côte d’Ivoire », affirme

Sara Piot, directrice adjointe de la Fondation MTV staying alive.

MTV Shuga Babi se passe dans une école de danse dans la ville d’Abidjan et sa périphérie. La série raconte l’histoire d’un groupe de jeunes, leurs relations amicales et amoureuses, tout en véhiculant des messages de prévention du VIH, l’utilisation du préservatif, le dépistage, le sexe transitionnel et la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

Rendez-vous ce vendredi à 21h sur RTI 2 !

Hey la #FamilleShuga, vous êtes prêts pour l’épisode 1 de #MTVShugaBabi ou bien c’est bizarre ? On vous laisse déguster cette bande-annonce et on se donne rendez-vous vendredi à 21h sur RTI 2 ! #Saison1 #MTVShuga #Babi #Cinema #BandeAnnonce #Serie

Publiée par MTV Shuga Babi sur Mardi 3 décembre 2019
Bande-annonce du premier épisode de « Shuga Babi »

Pourquoi les jeunes ?

Pour Annick Diener, Première Conseillère de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire, l’adolescence est un âge où la vulnérabilité est particulièrement élevée, une période propice pour relayer les messages sur les modes de transmission du Sida et d’autres infections sexuellement transmissibles.

Photo: Amena Tanoh

« En Côte d’Ivoire, 3,2 % des jeunes de 14 à 24 ans sont séropositifs, et on a recensé en 2018, 3 100 nouvelles contaminations chez les jeunes femmes et presque 1000 chez les jeunes hommes de cette tranche d’âge. Il faut donc trouver des moyens effectifs pour les informer et les éduquer pour éviter de nouvelles transmissions. À cet égard, un format attractif comme Mtv Shuga Baby est susceptible de faire changer les comportements. Ce concept est un véritable outil de promotion de la santé pour les jeunes », a-t-elle révélé.

Le représentant du Programme National de Lutte contre le Sida de Côte d’Ivoire a, pour sa part, invité les adolescents à suivre la série MTV Shuga Babi, qui pour lui est un enseignement dans la réponse contre le fléau.

Le premier volet de MTV Shuga Babi mettra l’accent sur les sujets de société et de santé clés liés à la connaissance du VIH, à l’importance de connaitre son statut sérologique, etc. Le second volet va introduire l’autotest du VIH comme outil de protection.

Photo Mtv Shuga

Depuis près de 10, la fondation MTV staying alive utilise la télévision, la radio pour mettre en œuvre des actions sur le terrain pour sensibiliser sur le VIH Sida. En Côte d’Ivoire, après la diffusion de la série télévisée et d’un documentaire au début de l’année 2020, la fondation MTV staying alive prévoit la production d’une série radio, ainsi qu’une bande dessinée basée sur les histoires de la série télévisée. Un programme de sensibilisation est également envisagé dans les communautés.

Mariam Sorelle


Makaveli, le photographe qui « imagine » les images…

Il est philosophe de formation, mais sa passion c’est la photographie. Le Malien Traoré Ousmane, alias Makaveli, est tellement heureux de cette passion qu’il lui accorde de plus en plus de place… la photographie prend l’ascendant sur ses autres activités et sa maîtrise n’est plus à prouver. Les prouesses qu’il réalise quotidiennement avec son appareil photo en sont la parfaite illustration. Dans ses photographies, on note toujours un clin d’œil appuyé aux femmes… Interview.

Comment vous est venue cette passion pour la photographie ?

Tout a commencé lorsque je devais assurer la communication d’une campagne électorale ; j’ai beaucoup travaillé avec des photographes. C’est à ce moment que j’ai réalisé la puissance et l’impact que peut avoir une image. Après, je me suis rendu compte que j’avais du mal à trouver de bonnes images pour illustrer mes articles ; j’ai donc décidé de faire des photos moi-même. C’est alors que j’ai compris qu’une photo était aussi expressive qu’un article ou qu’une vidéo. J’ai réalisé qu’avec les photos, je pouvais valoriser l’image galvaudée de mon pays.

La photographie, pour moi, est l’expression de la résistance, la résistance des citoyens qui, nonobstant la crise sécuritaire, la précarité, se battent avec honneur et sourire.

Quand et où avez-vous commencé à faire de la photographie ?

C’est venu petit à petit, j’ai commencé un peu au début de l’année 2019 ; mais avant, je faisais déjà beaucoup de photos avec mon téléphone. Je capturais tout ce que ce je voyais en ville, partout où j’allais. Puis j’ai été encouragé par Georges Attino, un ami photographe, qui m’a beaucoup inspiré ; Madame Habibatou Gologo m’a aussi beaucoup encouragé, elle m’a poussé à me professionnaliser. 

Où puisez-vous vos inspirations ? 

La photographie, c’est la surprise. Il faut être curieux, avoir les yeux ouverts sur toutes les choses et cliquer. On sera nous-même toujours surpris du résultat. Alors, tout m’inspire, je m’inspire de tout. Je n’attends plus l’inspiration, c’est elle qui me trouve. 

Voulez-vous bien décrire votre routine avec votre passion qu’est la photographie ?

Makaveli

À chaque fois que je sors, je suis toujours prêt à photographier, soit avec mon téléphone, soit avec mon appareil photo quand je le prends avec moi. Je projette de faire bientôt le tour du Mali et de photographier tout ce qu’il a de beau. C’est le projet sur lequel je travaille actuellement. 

Quel est le fait qui vous a le plus marqué dans l’exercice de votre passion ? 

À chaque fois qu’une personne m’appelle pour me demander l’autorisation d’utiliser une photo dans un article ou autre chose, je suis heureux. Je réponds toujours que mes images sont libres et gratuites. Nombre de personnes, à travers mes photos, me font part de leur volonté de visiter le Mali.

La photographie est-elle juste une passion ou en comptez-vous en faire votre métier ?

C’est avant tout ma passion ; mais, de plus en plus, on fait appel à mes services. Je pense que je vais créer une agence (rires). Je trouve que, dans notre contexte, la photo est utile, elle a son rôle à jouer. La photographie raconte l’histoire du présent et sauvegarde notre mémoire pour la postérité. La photo aussi, comme tout art, dénonce, encourage et propose des alternatives. Nos clichés sont des réponses aux discours dépréciatifs, pessimistes sur le Mali et sur l’Afrique.

Pensez-vous que la photographie « nourrit son homme » ? Peut-on vivre de la photographie au Mali ?

Oui et non. On prend de plus en plus conscience de l’importance de l’image et beaucoup d’entreprises d’organisation font appel aux photographes. Mais, dans un pays comme le Mali, cela demande beaucoup de courage. Les personnes qui font appel à nous sont très souvent des ami·e·s ou des proches qui souhaitent un service gratuit ou bradent les prix généralement. Et très souvent, ils ne sont pas bons payeurs.  Rares sont les Maliens qui iront voir une exposition photo. Il serait grand temps que nous valorisions nos artistes, que nous les respections. Un photographe hors pair Malick Sidibé a, toute sa vie, immortalisé et magnifié le Mali. Mais, il n’a été considéré à la valeur de son travail que lorsque les Occidentaux ont découvert ses œuvres.

Dans vos photos, on voit très souvent des femmes en activité. Quel est le message que vous souhaitez faire passer avec ces images ?

Les femmes restent pour moi le plus bel exemple de courage et d’abnégation. Quand on parle du travail des femmes, on oublie souvent nos mamans au marché, dans les champs. Pourtant, au coin de la rue, ce sont elles qui font vivre le Mali. Malgré cela, les aides à l’entrepreneuriat ne les concernent pas. Elles reçoivent peu d’aide et pas de formation. Mais elles continuent, elles tiennent quand même ! Pour moi, c’est le plus bel exemple de bravoure, d’intégrité.

Makaveli



Afrique de l’Ouest francophone : la presse en danger !

Jadis crédible parce que citée parmi les éveilleurs de conscience des populations, la presse est en train de perdre du terrain dans son propre domaine en Afrique francophone. Et ce, en raison des difficultés de tous ordres imputables à plusieurs facteurs.
Les journaux ivoiriens – Mariam sorelle

Chaque jour, une série de presse papier est imprimée dans les capitales africaines à destination d’un public qui aime se contenter des titres et achète de moins en moins les journaux. Il n’est pas faux de dire que la confiance du public dans les médias classiques a fortement baissé en Afrique francophone.

« Les citoyens continuent de rêver d’une presse indépendante animée par des journalistes capables de leur fournir des informations d’intérêt public destinées à éclairer leur choix démocratique ou les aider à participer qualitativement au développement de leur nation », affirme Gérard Guèdègbé, journaliste et expert en stratégie de communication, dans son livre « Presse francophone en Afrique de l’Ouest, Expériences et Réflexions de pionniers ». Un ouvrage qui a fait l’objet d’une présentation officielle au public au mois de septembre 2019, au siège de la Konrad Adenauer Stiftung à Abidjan.

La dictature de l’argent

En parcourant le recueil de témoignages de pionniers de la presse en Afrique de l’Ouest francophone, de Gérard Guèdègbé, on convient avec Christoph Plate, le directeur de KAS Médias Afrique, que : « Le journalisme passionné est un bien précieux ».

Dans Presse francophone en Afrique de l’Ouest, Expériences et Réflexions de pionniers, on découvre donc le parcours palpitant de journalistes ayant fait les beaux jours de la presse en Afrique francophone tels que Jérôme Carlos (Benin), Souleymane Diallo (Guinée), Diomansi Bomboté (Mali), Eugène Kokhaya Aw N’diaye (Sénégal), etc.

Ces pionniers, qui ont consacré leur plume à la liberté de la presse et à l’enracinement de la démocratie dans leur pays respectif, portent aujourd’hui un même regard sur la presse en Afrique francophone.

Le diagnostic posé est la suivante : la presse en Afrique de l’Ouest francophone est en perte de repère. Pour le pionnier de la presse satirique en Guinée, Souleymane Diallo, la pratique du métier connaît un déclin inacceptable.

Parmi les facteurs qui contribuent à la dégradation du niveau d’efficacité du journalisme, on note la pression politique, le manque de ressources financières, le manque de formation des journalistes…

« Notre génération a échappé à la dictature de l’argent. L’argent a un poids sur les êtres aujourd’hui, en termes d’assujettissement. Il y a plein de jeunes qui viennent aujourd’hui dans la profession ! Ils n’ont pas cette passion que j’ai eue dans la profession. Ils sont en escale technique en attendant mieux. »,

Jérôme Carlos, écrivain et historien béninois

« La presse est libre, mais la presse doit se défendre elle-même »

De nombreuses instances, à travers le monde militent aujourd’hui pour la liberté d’expression, on pourrait citer entre autres le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF), La Fédération internationale des journalistes (FIJ)…

En Afrique francophone, les pays se dotent, de plus en plus, d’une législation et de structures institutionnelles pour garantir la liberté de presse et, le respect de l’éthique et de la déontologie.

« La sécurité des journalistes a beaucoup changé. Avant, il n’y avait aucune capacité de protéger les journalistes, mais maintenant il y a quand même un statut de journaliste, le corps des journalistes en tant que syndicat et autres associations existent. Il y a des canaux par lesquels le journaliste peut passer pour se faire entendre s’il est accusé. De mon temps, ça n’existait pas. Maintenant, la presse est libre, mais la presse doit se défendre elle-même. Il faut que le journaliste suive les règles élémentaires du métier. »

Cheick Mouctary Diarra, diplomate, homme politique et journaliste malien.

Pour l’avènement d’une presse libre et indépendante en Afrique de l’Ouest francophone, en plus de garantir la sécurité du journaliste, il faudrait repenser le modèle économique des entreprises de presse. La dépendance des médias de l’aide de l’État à la presse privée ou aux financements dits « occultes » entachent la crédibilité du journaliste.

En côte d’Ivoire, les médias affilés aux parties politiques épousent de facto « les querelles politiciennes ». Le modèle de presse de service public s’effrite peu à peu.

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui devenus le véritable espace où a lieu le débat, la confrontation d’idées.

Sans liberté d’expression, il ne saurait avoir de démocratie réelle. Et la presse, quatrième pouvoir, en Afrique de l’Ouest francophone, ne doit pas être à la solde du pouvoir.

Mariam Sorelle


L’avortement clandestin, les femmes paient le prix fort

Le 28 septembre dernier, le monde entier a commémoré la journée internationale du droit à l’avortement sécurisé. Cette journée a été passée sous silence, car l’avortement est un sujet tabou. En Côte d’Ivoire, ce droit est loin d’être un acquis. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est autorisée que pour sauver la vie de la femme. Ainsi, du fait de la condamnation sociale et juridique de l’avortement, de nombreuses femmes ont recours à l’avortement clandestin, une pratique dangereuse qui n’est pas sans conséquence sur leur santé et leur vie.

Attention, dans les histoires qui suivent, il est question de graves problèmes médicaux, de viol et de mort. Les récits sont très crus. Si vous êtes sensibles à ces sujets, nous vous conseillons d’arrêter votre lecture ici.

Sophie, 40 ans, est devenue stérile 

Image par Luisa Munoz de Pixabay

À 20 ans, Sophie a été victime d’un viol à la suite duquel elle est tombée enceinte. Voulant garder son malheur secret, elle a décidé de se faire avorter, elle-même, à l’aide d’une tige qu’elle a introduit dans son sexe. 24 heures après avoir placé cette tige dans sa partie intime, Sophie a commencé à saigner abondamment. Après de longues heures de saignement, devenu faible, elle a été retrouvée évanouie dans sa chambre. Évacuée en urgence dans une clinique privée, elle a failli y laisser la vie. D’après le médecin, si elle n’était pas arrivée 30 minutes plus tôt, elle serait morte. Après ce sombre épisode de sa vie, la jeune dame rencontre des problèmes de fertilité. Âgée aujourd’hui de 40 ans, Sophie n’a toujours pas pu combler son désir d’être mère. 

Rita a perdu la vie 

Image par Goran Horvat de Pixabay

Rita était une jeune femme âgée de 35 ans. Elle avait déjà une fille de 10 ans et espérait revivre avec le père, qu’elle avait perdu de vue depuis que sa fille avait 2 ans. L’homme serait parti en Europe. Dans l’attente du père de sa fille, Ncho Rita, va contracter une grossesse avec Issiaka, un jeune homme qu’elle a connu au cours d’une veillée funèbre. Après cette nuit, Ncho Rita n’a plus jamais revu Issiaka. Elle décide alors de faire passer la grossesse de 4 mois et demi.

Rita va utiliser des comprimés qu’elle a achetés à un vendeur de médicaments de rue dans son quartier. Elle prend ces comprimés et quelques heures plus tard, elle a commence à saigner abondamment, comme lui a expliqué son vendeur. Elle se dit alors que l’opération a réussi. Mais deux semaines plus tard, elle constate qu’elle sent mauvais. De l’eau puante coule dans sa partie intime. Elle se rend compte que cela peut être la conséquence des comprimés qu’elle a avalés pour faire passer la grossesse. Ne voulant pas que ses parents le sachent, elle se rend dans une petite clinique privée de son quartier.  Rita, une fois là-bas, ne retournera plus jamais chez elle. Elle meurt au moment où l’agent de santé est en train de faire le lavement de son ventre.

 

Kady a perdu une trompe


Image par Reggi Tirtakusumah de Pixabay

 

Kady, une jeune dame âgée de 30 ans, n’a pas eu de chance en amour. Sa vie de couple bascule un matin, quand son homme décide de la quitter pour une autre, en lui laissant la charge de leur 3 enfants. Couturière, elle réussissait tant bien que mal à subvenir aux besoins de ses enfants, jusqu’à ce qu’elle décide de se mettre en couple avec Léo. Un homme qui lui avait caché qu’il était marié. Elle tombe enceinte et découvre plus tard l’existence de la femme et des enfants de Léo. Exaspérée, elle décide de mettre un terme à sa grossesse de 2 mois. 

Elle se procure des médicaments de la rue pour interrompre cette grossesse. La première tentative échoue. Elle essaie une deuxième fois, c’est également un échec. Et c’est là que tout se complique. On doit l’évacuer à l’hôpital. Vu la gravité de son état, on doit l’opérer. Une trompe a été touchée. Aujourd’hui, elle se retrouve avec une seule trompe. 

Comme on peut voir à travers ces récits, l’interdiction de l’avortement ne limite pas pour autant leur nombre. Il est plus qu’urgent d’ouvrir le débat et de trouver d’autres alternatives pour contenir ce fléau.


Le Firca s’engage à numériser des services agricoles en Côte d’Ivoire

Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricole (Firca) a procédé, mardi 17 septembre 2019 au lancement officiel d’un nouveau site internet répondant aux normes internationales.

Principal outil de financement de « la filière du progrès en agriculture », au service des Filières Agricoles, des Organisations Professionnelles Agricoles et de l’Etat, le Firca veut à travers ce site web créer, d’une part, une plateforme d’interaction avec les acteurs du monde agricole et le grand public.

Crédit photo: Firca

Et d’autres part, assurer une visibilité optimale des filières agricoles. Car comme le dira le Directeur exécutif du Firca, M Atsin Yao Leon :

« L’agriculture, dans l’esprit de la majorité de la population ivoirienne, reste une activité peu rentable et pas moderne, imagée par des producteurs misérables et analphabètes, ayant pour seuls outils, des dabas et des machettes. Ces stéréotypes, qui ne sont pas le vrai visage de notre agriculture, ont éloigné de ce secteur d’activité pourtant vital, les jeunes qui devraient assurer la relève et les entrepreneurs locaux, au détriment du développement socioéconomique national », a-t-il déploré.

Le FIRCA veut, ainsi, contribuer à corriger ces faux clichés, en promouvant l’image d’une agriculture moderne et attrayante, pour amener les hommes et les femmes, surtout les jeunes, à s’intéresser à nouveau à ce secteur

Le numérique au service de l’agriculture

Credit photo: Firca

Les dirigeants du Firca en accordant au numérique une place de choix, offre au secteur agricole l’opportunité d’accélérer son évolution. En effet, le numérique offre une multitude de possibilités pour résoudre les problèmes relevés dans l’exploitation et l’industrie agricole. Et ce, à travers :

  • L’utilisation de drones pour la gestion améliorée des plantations
  • L’emploi de capteurs pour collecter les données des sols, des plantes et des animaux, à des fins scientifiques.
  • La mise à contribution de l’intelligence artificielle pour le traitement diligent des diverses données relevées
  • L’exploitation de la robotique pour la réalisation de tâches spécifiques, etc.

Toutes ces actions, si elles sont déployées, contribueront, sans nul doute au développement de l’agriculture en Côte d’Ivoire.


Cœur d’enfant Afrique, un nouveau porte-voix de la cause de l’éducation en Côte d’Ivoire

L’association cœur d’enfant d’Afrique a procédé le samedi 7 septembre 2019 dernier à sa rentrée associative en prélude à la célébration du 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant en novembre 2019.

Crédit photo: Cœur d’Enfant d’Afrique

Les jeunes experts que sont Daniel Kénania, administrateur engagement des jeunes à Unicef Côte d’Ivoire, Mariam Doumbouya présidente de l’ONG femme active et Ladji Coulibaly, fondateur de MCDS de Grand-Lahou, ont pour l’occasion partagé leur expérience dans le domaine du bénévolat en milieu communautaire et humanitaire.
Ils ont abordé les questions relatives à la mobilisation de fonds, aux principes du bénévolat et le plaidoyer autant de ressources qui seront indispensables à Cœur d’enfants d’Afrique pour réussir sa mission. 

Photo: Cœur d’Enfant d’Afrique

Rappelant la mission de l’ONG cœur d’enfant d’Afrique, le fondateur Jean François Aman a affirmé qu’il s’agissait d’un plaidoyer pour l’éducation, le droit et le bien-être des enfants.
« Cœur d’enfant d’Afrique est né de notre volonté de sortir de l’immobilisme face à la résurgence de la problématique du travail des enfants, à la recrudescence du viol et tout type de violences perpétrées contre eux, au mépris total de leurs droits les plus élémentaires ; au détriment de leur bien-être physique, mental et social. En tant que de citoyens, soucieux de leur bien-être et de l’équilibre social, il est impossible d’être de ces personnes, « Celles qui attendent » comme l’écrit la célèbre Fatou Diome, au vu de ce qui convient d’appeler la « Crise globale en matière d’éducation » à laquelle la Côte d’Ivoire, notre pays, n’échappe pas. », a-t-il soutenu.

En effet, comme annoncé par les Nations Unies à l’occasion la journée internationale de la jeunesse en août 2019, la moitié des enfants et des adolescents âgés de 6 à 14 ans n’ont pas les compétences de base en lecture et en calcul, même si la majorité d’entre eux vont à l’école.

Cœur d’Enfant d’Afrique qui a son siège à Abidjan s’engage pour l’éducation, le droit et le bien-être des enfants de 6 à 17 ans. 

Elle se donne trois missions :

  • Œuvrer pour une éducation de qualité des enfants, suivant les objectifs du développement durable (ODD4) ;
  • Promouvoir le droit des enfants et lutter contre les violences basées sur le genre (VBG) à leur encontre ; 
  • Contribuer à leur équilibre et leur bien-être à travers des activités citoyennes, culturelles et sportives.

 


MTV SHUGA BABI dévoile sa sélection de jeunes talents ivoiriens

MTV Shuga, le programme télévisé à succès qui retrace la vie des jeunes en Afrique a débuté le tournage de sa première saison francophone en Côte d’Ivoire.

Les résultats des auditions publiques du 22 juin 2019, ont été  rendu  publique le 10 septembre 2019 par l’équipe de la Fondation MTV Staying Alive.

 Les talents sélectionnés sont : les acteurs de renom Ange-Eric NGUESSAN, Landry GNAMBA, Mike DANON, la comédienne et influenceuse Prissy la Dégammeuse, la chanteuse Soukeïna Alpha Young KONE, les danseurs France Nancy GOULIAN, Abdel KIPRE et Amira SOME, la célèbre Chorégraphe Bacome NIAMBA, le mannequin Benseyan KONE et Grâce POKOU. Des célébrités ivoiriennes comme l’artiste Safarel Obiang apparaîtront également dans la série.

Les quatre talents sélectionnés lors des auditions sont : Daniel EBALE, Hervé Kouamé KOFFI, Reine TOUE KEHI,  et Jean Martial MELEDJE . MTV Shuga Babi s’est engagé à responsabiliser les jeunes et à célébrer la culture ivoirienne.

Photo: MTV Shuga Baby

La première saison ivoirienne sera diffusé d’ici la fin de l’année.

Elle se focalisera sur les connaissances de base sur le VIH, notamment l’utilisation du préservatif, le sexe transactionnel et les discriminations à l’égard des personnes vivant avec le VIH en Côte d’Ivoire.

Lancée à Nairobi au Kenya en 2009, « MTV Shuga » est une série dramatique et une campagne multimédia de longue date qui suit la vie des jeunes sur le continent africain.

Diffusé sur les chaînes MTV du monde entier, le contenu est également offert sans droits aux radiodiffuseurs tiers et aux plates-formes de contenu, et utilisé comme support pédagogique par les éducateurs, les professionnels de la santé et les organisations locales de lutte contre le VIH/SIDA à travers le monde.

En sept saisons, ce programme a traversé le continent africain du Kenya au Nigeria en passant par l’Afrique du Sud, et a abordé de nombreux thèmes liés au VIH et aux rapports sexuels protégés, notamment le dépistage du VIH, la stigmatisation, vivre avec le VIH, la transmission du virus de la mère à l’enfant, le sexe transactionnel, la violence basée sur le genre et l’utilisation du préservatif.

Photo: MTV SHUGA BABY


Get Up Woman, un séminaire pour booster l’entrepreneuriat féminin en Côte d’Ivoire

Après le Bénin, le Sénégal, c’est autour de la Côte d’Ivoire d’accueillir le séminaire tournant de l’association Get Up Woman sur « l’autonomisation et l’épanouissement de la femme entrepreneure »Le séminaire destiné aux femmes entrepreneures ou femme aspirant à l’entreprenariat se tiendra le samedi 10 août 2019 prochain, Jokkoblabs Abidjan. 
L’objectif de Get Up Woman est de booster et d’inciter les femmes à diversifier leur source de revenus à travers des initiatives personnelles.

Les Speakers

Le séminaire sera meublé par des ateliers sur les thèmes suivants :
 « Maîtrise et gestion de stress » animé par Serj TAIGBA, coach en développement personnel, stratégiste en productivité humaine pour la performance personnelle et professionnelle

  Entrepreneuriat vs Salariat, animé par Pervenche Aliman, banquière et entrepreneure

 « Comment être une entrepreneure épanouie » animé par Micheline Tanoé, cheffe d’entreprise et coach certifiée spécialisée 

 « Trouver un financement pour son entreprise » animé par Sérif Tall, web actif et entrepreneur, cofondateur de Jerake Sarl une entreprise spécialisée dans l’imprimerie

 « Compte d’exploitation : définition, avantages et gestion » avec Cissé Siri, comptable chargé de la consolidation des comptes aux normes IFRS
En plus des communications, ce sera l’occasion pour les participantes de bénéficier de coaching collectifs et individuels pour surmonter les principaux obstacles auxquels sont confrontés les entrepreneuriats. 
Pour en savoir plus sur l’association et avoir plus d’informations sur le séminaire, intégrez le groupe Whatsapp ou appelez le📱(+225) 68 027 367 ou au (+225) 52 996 554.

Crédit photo: Get up Women

 

Get Up Woman est une association internationale qui œuvre pour l’épanouissement et l’autonomisation de la femme. A travers des formations gratuites dans tous les secteurs et des coachings virtuels l’association encadre et forme au quotidien de nombreuses femmes de diverses nationalités via un groupe Whatsapp.  Depuis mai 2019, l’association est passé du virtuel au présentiel.
A cet effet, elle organise une série de séminaire sur le thème  »autonomisation et épanouissement de la femme entrepreneure » qui a débuté au Bénin, suivi du Sénégal et le 10 août prochain c’est à la Côte d’Ivoire d’abriter son 3e séminaire, à Abidjan.


L’avortement : interdit mais pratiqué en Côte d’Ivoire

L’avortement clandestin gagne du terrain en Côte d’Ivoire.

Interdite par la loi, la pratique de l’avortement est devenue un marché lucratif. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est pratiquée clandestinement par des tradipraticiens et des médecins généralistes, qui en ont fait un gagne-pain. Des personnes non qualifiées pour cet acte le pratiquent à longueur de journée et exposent les patientes à des complications graves, voire mortelles.

Les jeunes filles ou femmes qui ont eu recours à un avortement gardent le silence. Elles évoquent très rarement leur expérience, car l’avortement est un sujet tabou, réprimé par la loi, par la société et les religieux. Les jeunes filles enclines à l’avortement clandestin le font pratiquement toutes pour les mêmes causes : le déni de la grossesse par le partenaire, le poids des normes sociales et/ou le manque de ressources financières.

« Quand j’ai annoncé ma grossesse à ma mère, elle était anéantie. Comme moi, elle craignait la réaction de mon père. Son mariage allait certainement en pâtir. Je me suis fait avorter et, plus tard, j’ai fait croire à ma mère que mes menstrues étaient venues. Je culpabilise, chaque jour, je fais des demandes de messe pour solliciter le pardon divin », témoigne Coraly, qui a avorté à l’âge de 20 ans.

Crédit photo: Fallen Angel -FreeStockPhotos

Interdire n’est pas prévenir

Si aucune estimation sur le taux national d’avortement n’est disponible en Côte d’Ivoire, des études indiquent que la pratique de l’avortement est répandue. En 2018, l’étude PMA2020 (Performance Monitoring and Accountability 2020) a conduit une étude pour produire des indicateurs de l’incidence et des conditions de recours à l’avortement en Côte d’Ivoire. Elle a révélé que 4 à 5 % des femmes en âge de procréer ont eu un avortement potentiel dans les 12 mois précédant l’enquête, soit entre 210 000 et 288 000 avortements par an en Côte d’Ivoire.

Et pourtant, le Code pénal ivoirien, en son article 366, punit l’avortement d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 150 000 Fcfa à 1 500 000 Fcfa (environ 230 à 2270 euros). Comme dans la plupart des pays africains, en Côte d’Ivoire l’opinion publique est catégorique : l’interruption volontaire de grossesse (IVG) doit rester un acte puni par la loi.

Seulement ceux qui, au cours de leur vie, ont connu une personne qui est morte durant un avortement clandestin osent donner un avis contraire.

« Personnellement, je suis contre l’avortement et en plus ma religion l’interdit. Mais, de mon regard de médecin, des filles laissent leur vie dans les tentatives d’avortement clandestin. Or, les autorités ne sont pas suffisamment regardantes sur cela. Un cas : j’ai perdu une amie, il y a trois ans. Elle m’a demandé de l’aider à faire passer sa grossesse parce qu’elle avait peur de son papa. Je lui ai demandé de laisser, mais elle est allée chercher de l’aide ailleurs et elle est restée dedans. Donc, après maintes réflexions, je suis un peu d’accord pour qu’on légalise en encadrant bien cette pratique par des textes de loi », raconte Jean-Baptiste, jeune médecin en fonction à Abidjan.

La Côte d’Ivoire ne dispose pas pour l’heure de loi sur la santé de la reproduction. L’avant-projet de loi du gouvernement relatif à la « santé sexuelle et de la reproduction » a été confronté à une vive opposition de l’Église catholique en 2018. En attendant que le politique et le religieux parviennent à accorder leurs violons, le fléau de l’avortement clandestin perdure et fait des ravages.


Les grossesses précoces : un frein à scolarisation des jeunes filles

Fatim, élève âgée de 15 ans, ne participera pas au BEPEC cette année. Elle vient de donner naissance au cours de ce mois de juin 2019 à une petite fille.

La jeune fille-mère ignore si, un jour, elle reprendra le chemin de l’école. Cette grossesse précoce a bouleversé le cours de sa vie. L’auteur de la grossesse a nié la paternité. Avec l’aide de sa mère, divorcée d’avec son père, elle a eu recours au médecin de la famille pour une interruption volontaire de grossesse.
Le médecin, après avoir encaissé l’argent des médicaments, est allé tout révéler à son père. Son père en colère l’a jetée à la rue. Elle a été hébergée par des amies durant le début de sa grossesse avant de rejoindre sa mère à Odienné.
Les grossesses précoces limitent la scolarisation de la jeune fille. Comme Fatim, beaucoup de jeunes filles, enceintes ou mères, n’ont pas la chance de poursuivre leurs études. Elles sont battues, humiliées et chassées de la maison. Elles sont accueillies par la famille de leur copain, par des connaissances ou encore un parent proche.

Crédit : Mariam Sorelle

Pour survivre les jeunes mères-filles, anciennement élèves, se convertissent en vendeuses ambulantes, servantes ou serveuses dans les maquis et bars. De peur de la réaction de leurs parents ou du regard de la société, certaines jeunes filles enceintes cours vers l’avortement clandestin et se font prendre au piège des vices des médecins.

« Au moment où j’étais sous anesthésie, il a abusé de moi avant de procéder à l’extraction du fœtus », raconte Ida, une jeune fille qui a subit un avortement à l’age de 22 ans. Elle ne s’est jamais remise de cet épisode de sa vie.
Les jeunes et les adolescents ayant de plus en plus une sexualité précoce, il est plus qu’urgent de briser le tabou autour de la sexualité. Le manque d’information et d’éducation à la sexualité fait partie des causes des grossesses précoces ou indésirées. Les parents et leurs enfants devraient se débarrasser des tabous et échanger véritablement sur la sexualité avec eux.

 

 

Mariam Sorelle