L’avortement : interdit mais pratiqué en Côte d’Ivoire

Article : L’avortement : interdit mais pratiqué en Côte d’Ivoire
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23 juillet 2019

L’avortement : interdit mais pratiqué en Côte d’Ivoire

L’avortement clandestin gagne du terrain en Côte d’Ivoire.

Interdite par la loi, la pratique de l’avortement est devenue un marché lucratif. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est pratiquée clandestinement par des tradipraticiens et des médecins généralistes, qui en ont fait un gagne-pain. Des personnes non qualifiées pour cet acte le pratiquent à longueur de journée et exposent les patientes à des complications graves, voire mortelles.

Les jeunes filles ou femmes qui ont eu recours à un avortement gardent le silence. Elles évoquent très rarement leur expérience, car l’avortement est un sujet tabou, réprimé par la loi, par la société et les religieux. Les jeunes filles enclines à l’avortement clandestin le font pratiquement toutes pour les mêmes causes : le déni de la grossesse par le partenaire, le poids des normes sociales et/ou le manque de ressources financières.

« Quand j’ai annoncé ma grossesse à ma mère, elle était anéantie. Comme moi, elle craignait la réaction de mon père. Son mariage allait certainement en pâtir. Je me suis fait avorter et, plus tard, j’ai fait croire à ma mère que mes menstrues étaient venues. Je culpabilise, chaque jour, je fais des demandes de messe pour solliciter le pardon divin », témoigne Coraly, qui a avorté à l’âge de 20 ans.

Crédit photo: Fallen Angel -FreeStockPhotos

Interdire n’est pas prévenir

Si aucune estimation sur le taux national d’avortement n’est disponible en Côte d’Ivoire, des études indiquent que la pratique de l’avortement est répandue. En 2018, l’étude PMA2020 (Performance Monitoring and Accountability 2020) a conduit une étude pour produire des indicateurs de l’incidence et des conditions de recours à l’avortement en Côte d’Ivoire. Elle a révélé que 4 à 5 % des femmes en âge de procréer ont eu un avortement potentiel dans les 12 mois précédant l’enquête, soit entre 210 000 et 288 000 avortements par an en Côte d’Ivoire.

Et pourtant, le Code pénal ivoirien, en son article 366, punit l’avortement d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 150 000 Fcfa à 1 500 000 Fcfa (environ 230 à 2270 euros). Comme dans la plupart des pays africains, en Côte d’Ivoire l’opinion publique est catégorique : l’interruption volontaire de grossesse (IVG) doit rester un acte puni par la loi.

Seulement ceux qui, au cours de leur vie, ont connu une personne qui est morte durant un avortement clandestin osent donner un avis contraire.

« Personnellement, je suis contre l’avortement et en plus ma religion l’interdit. Mais, de mon regard de médecin, des filles laissent leur vie dans les tentatives d’avortement clandestin. Or, les autorités ne sont pas suffisamment regardantes sur cela. Un cas : j’ai perdu une amie, il y a trois ans. Elle m’a demandé de l’aider à faire passer sa grossesse parce qu’elle avait peur de son papa. Je lui ai demandé de laisser, mais elle est allée chercher de l’aide ailleurs et elle est restée dedans. Donc, après maintes réflexions, je suis un peu d’accord pour qu’on légalise en encadrant bien cette pratique par des textes de loi », raconte Jean-Baptiste, jeune médecin en fonction à Abidjan.

La Côte d’Ivoire ne dispose pas pour l’heure de loi sur la santé de la reproduction. L’avant-projet de loi du gouvernement relatif à la « santé sexuelle et de la reproduction » a été confronté à une vive opposition de l’Église catholique en 2018. En attendant que le politique et le religieux parviennent à accorder leurs violons, le fléau de l’avortement clandestin perdure et fait des ravages.

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Commentaires

Nini
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Moi j’ai avorté et chaque jour je me sens mal à cause de la société et de la religion

Mariam Sorelle
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Vous devez vous reconstituer moralement et psychologiquement. Le pardon revient à Dieu pas aux hommes. Si vous voulez parler à quelqu'un, vous pouvez m'écrire mariam_sorelle@yahoo.fr .

2 Chroniques 7:14
Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays.
(Coran 39:53)
« Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment : ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car Il pardonne tous les péchés. Certes, c’est Lui le Pardonneur, le Miséricordieux. »

Sacha
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C’est normal ma belle. Avorter reste un choix très difficile à faire, mais on le fait pour une raison bien précise au moment de l’acte et en général, c’est la meilleure alternative à ce moment. Plus tard, on peut le regretter, mais le mieux est d’aller de lavant. Les personnes qui vous jugent aujourd’hui ne sont pas Dieu. Ça peut être pesant, mais seul Dieu est juge. Continuez de prier et battez vous pour que de là-bas ce petit ange dise maman ce n'est pas séparé de moins inutilement. Dieu vous donne la force.

Carmelle
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Hello ma chérie, si tu l'as fait, il y avait bien une raison et je ne suis pas là pour te juger encore moi ma société. Si tu es croyante demande sincèrement pardon au tout puissant et va de l'avant. Il existe aujourd'hui de nombreux moyens contraceptifs, utilise les et fait toi violence de faire attention si tu ne veux plus revivre cette expérience. Pardonne-toi à toi-même, et sache quand dans d'autres pays, c'est un droit pour la femme de prendre les décisions qu'elle veut pour sa vie et son bien-être.